Agressions sexuelles : 1 victime sur 2 connaît son agresseur

9 jeunes filles sur 10, âgées de 15 à 25 ans, qui franchissent la porte de mon cabinet ont subi une agression sexuelle. Ce ne sont pas des statistiques nationales mais un résultat empirique.

Ce sont pourtant des jeunes filles éduquées, qui ont grandi dans des milieux souvent privilégiés et leurs agresseurs ne vivent pas dans le 20eme. 

Ce sont leurs voisins de classe, le fils des amis de leurs parents… qui ont reçu la même éducation qu’elles. 

Pourquoi en est-on arrivé là ?

S’il y a autant d’agressions sexuelles dans le giron familial ou amical c’est notamment parce que, faute de vraies discussions quand ils nous écoutent encore – avant l’adolescence – les jeunes garçons ont appris à assouvir leurs besoins sexuels via la pornographie. Ainsi certains pensent que ne pas dire non veut dire oui, que glisser son sexe dans la bouche d’une jeune fille qui dort n’est pas un crime. 

Le viol est un crime.

Si les jeunes femmes qui ont subi des agressions sexuelles ne sont pas mortes, cela tue tant de choses en elles : la confiance en soi, en l’homme, en la vie, l’estime de soi… À nous d’apprendre à nos filles de ne pas faire passer l’autre avant elles (« j’avais peur qu’il soit fâché contre moi »), de ne pas avoir besoin d’être prêtes à tout pour se faire aimer (« je me suis toujours sentie nulle, je ne faisais jamais assez bien aux yeux de mes parents »). À nous d’ouvrir ce dialogue pour empêcher ces plaies béantes qui vont mettre des années à se refermer laissant à jamais une cicatrice. 

Julie Renauld Thérapie systémique et stratégique, Boulogne Billancourt

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