Est-ce qu’on peut prendre 5 minutes pour parler de la chaise musicale…?

C’est en me replongeant dans les délices des goûters d’anniversaire de mon enfance, pour organiser les 5 ans de mon fils, que me sont venus les différents jeux auxquels nous nous prêtions.

J’ai commencé à écrire dans ma liste « chaise musicale » quand soudain, les règles du jeu me sont revenues. Soient :

  • Le principe : ne pas mettre à disposition autant de chaises qu’il y a d’enfants
  • L’objectif : exclure un à un les enfants qui n’ont pas de chaise
  • Le gagnant emporte la partie quand il trône seul sur la dernière chaise face à tous les perdants exclus

Ce que cela m’évoque : est-il vraiment nécessaire de le développer…?

L’exclusion, l’humiliation de se retrouver les fesses entre deux chaises mais d’avoir les plus petites et donc de céder la place au plus fort. Prendre la place de son voisin, prendre la place de l’autre coûte que coûte pour éviter l’exclusion, la solitude

Et je repense à Alfred Adler, psychiatre autrichien contemporain de Freud, qui avait dû jouer lui aussi à la chaise musicale et qui, depuis, n’a eu de cesse de prêcher que l’être humain a 2 besoins fondamentaux pour se développer : appartenir et contribuer.

Bref, vive le chamboule-tout, la piñata et autre colin maillard. La chaise musicale ne nous manquera pas!

 

 

Yet and not yet…

De l’importance des mots et leur impact sur l’enfant. Dire à l’enfant « non acquis », est très différent de « pas encore acquis ». Dans le premier cas, l’enfant est nulle part, il n’appartient pas, il peut se sentir idiot, ou pas assez intelligent. Dans le deuxième cas, l’enfant sait qu’il s’agit d’étapes, de chemin, de progression. Il est motivé et stimulé pour gravir la marche suivante. Voyez plutôt la vidéo de la chercheuse Carol Dweck, citée dans l’un de mes articles sur l’encouragement.

Yet and not yet

Mon vélo rouge dans Paris

IMG_1034

Voici mon vélo rouge, il est allemand et j’ai pris le pari de me lancer dans Paris – environnement peu habitué aux vélos – pour accompagner mes enfants à l’école. Un pari mais un risque aussi, pour mes enfants bien sûr, qui ne sont pas aussi bien protégés que dans un 4X4.

Cela fait partie des valeurs et habitudes de vie que je veux leur transmettre : rester tonique, être à l’air libre (même pollué), partager, voir le paysage, s’adapter aux conditions météo, etc. En acceptant le revers de la médaille et en essayant de l’anticiper au maximum.

  • Changer le regard des plus pressés, des moins patients

Me voilà lancée dans la circulation parisienne. Alors soit je m’impose, avec klaxon, gilet jaune et haussement de ton – ce que j’ai commencé à faire, soit je me lance le défi de changer le regard des plus défiants, des plus agressifs, des plus pressés, des moins patients… Et pour être raccord avec la Discipline Positive, je vais faire les deux! Etre ferme quand nous serons en danger et bienveillante pour m’adapter aux plus rétifs et surtout garder le sourire car c’est aussi pour cela que j’ai choisi ce véhicule doux et convivial!

L’école de mes 2 enfants était de moins en moins accessible en voiture. Rien de direct en transports en commun. J’ai testé le siège porte-bagage pour Louise et Gaspard pédalant à côté. Mais le matin, lorsque le jour est à peine levé, Gaspard (5 ans dans 3 semaines) n’avait pas forcément l’énergie pour pédaler au milieu des piétons. En voiture, il nous fallait 30 minutes avec le risque de se faire enlever la voiture à l’arrivée, car aucune place pour stationner (or des enfants de 3 et 5 ans ne se jettent pas sur le bord de la route)… Alors, alors… j’ai regardé du côté de l’Allemagne et de ses vélo électriques bi-porteurs et tri-porteurs. J’ai trouvé les modèles avenue de Versailles chez Les cyclistes branchés.

J’ai opté pour un bi-porteur (deux roues) qui m’a semblé bien plus maniable qu’un tri-porteur (trois roues), mais c’est ma conduite subjective qui m’a guidée et les précieux conseils du responsable de la boutique.

Il s’appelle E-cargo, il est électrique, il a transformé nos trajets, nous ne mettons plus que 10 minutes, quoiqu’il se passe autour de nous. Je pédale, donc ça reste un moyen de transport tonique qui me permet de faire un peu de sport chaque jour. Les enfants sont ravis dans leur cabine couverte par temps de pluie et découverte quand il fait beau. Plus de stress des bouchons, ni du stationnement (quoique le responsable de l’immeuble de l’école n’est pas très fan de me voir arriver avec mon engin, mais il va s’habituer).

  • Faites-leur une petite place!

J’ai bon espoir de faire des adeptes, c’est un très gros investissement mais il remplace ma voiture et transporte 3 personnes. Et j’ai besoin de vous pour en parler autour de vous. Si vous ou vos amis croisez un vélo rouge (ou bleu, ou vert)… faites-leur une petite place! Il y a très peu de pistes cyclables (quand elles ne sont pas recouvertes de feuilles glissantes et de marrons), ces pistes s’arrêtent ou démarrent au milieu des carrefours qu’il nous faut traverser. Si nous nous retrouvons parfois sur les trottoirs, c’est peut-être que nous avons préféré cela à prendre la place du Troca avec 2 enfants… Si nous traversons le passage piétons, vous avez le droit de nous laisser passer, c’est peut-être pour aller attraper la piste cyclable! Paris n’est pas faite du tout pour les cyclistes, et je ne prône pas la ville sans voiture car je m’en sers aussi.

C’est ma responsabilité, mon engagement, mon problème, « je n’avais pas qu’à… », « j’avais qu’à faire comme tout le monde ». Oui mais voilà, je suis la 3è de ma fratrie (ceux qui ont suivi mes ateliers savent ce que cela signifie et ma famille aussi!!!), j’ai envie d’apporter un peu de mon pays natal (la Belgique) à Paris et j’ai confiance dans la société et ses nombreuses mutations! J’assume! Mais sans choisir l’un ou l’autre, je suis sûre que nous pouvons mieux cohabiter!

A bientôt sur la route!

Julie

 

 

 

 

 

 

Avant nous recevions des claques et nous n’en sommes pas morts!

« C’est un caprice »

« Il lui faut des règles et des limites »

« C’est l’adulte qui décide, non? »

« On ne parle plus que de neurosciences, moi je veux des preuves scientifiques » (CQFD)

« Avant on recevait des claques et on n’en n’est pas mort »

« Pourquoi ce serait différent aujourd’hui? »

Ha… pourquoi ce serait différent aujourd’hui…? AVANT on y arrivait TRES bien, comment  ont fait nos parents, nos grands parents… « quand je vois le résultat avec toi, je me dis que ce n’était pas si mal ».

Avant… il existait le bâton dans les classes, à Saint J… on tirait sur les parties génitales des garçons quand ils ne savaient pas leurs leçons (pour mieux les retenir…?!). Avant on recopiait bêtement des lignes de « je ne lance pas mon stylo », en espérant que cela servirait de leçon (cela fonctionnait-il…?) Avant on laissait les bébés crier pour se faire les poumons, les enfants de 5 ans aller en pension. Avant (la naissance de ma fille, mais encore à la naissance de mon aîné) on montait sur le ventre des femmes pour les faire accoucher. Avant (hier), les femmes ne pouvaient pas conduire en Arabie Saoudite……..

La liste est longue de tout ce qu’on faisait AVANT et dont on n’est pas mort. Bonne nouvelle, on va pouvoir faire différemment, ou pas, apprendre, ou pas, comprendre, ou pas, s’améliorer, ou pas, construire, grandir, faire, grandir, transmettre, partager, créer du lien, trouver l’harmonie… ou pas.

Chacun fait fait fait ce qui lui plaît plaît plaît. Nous, avec la Discipline Positive, nous adressons à ceux qui ont envie de faire autrement, ceux qui veulent des solutions aux situations devenues infernales, ceux qui ne supportent plus être ainsi désemparés.

Nous proposons de décoder les comportements des enfants pour comprendre et adapter nos solutions afin qu’elles soient le plus efficace possible. Poser un cadre et des limites fait partie de nos objectifs mais il ne s’agit pas d’un cadre pour un cadre, à celui qui criera le plus fort ou qui punira le plus sévèrement. Il s’agit de limites que nous voulons voir respecter à long terme, avec l’engagement de l’enfant, sa responsabilité et son autonomie. Il s’agit de lui apprendre à s’arrêter au feu rouge pour ne pas écraser les passants et non pour éviter l’amende. Tout est là.

Il y a des choses merveilleuses à garder précieusement du passé, et à transmettre à nos enfants. Et on va pouvoir puiser dans tout ce que nous apportent les neurosciences (hou le vilain mot!!!), le monde d’aujourd’hui, les travaux et recherches des psychiatres et pédiatres… sans pour autant faire culpabiliser nos aïeux.

Avant… c’était différent.

 

Mon enfant est différent (2)

Dyslexie, dyspraxie, dysphasie, disorthographie… même mon correcteur d’orthographe automatique n’en veut pas! Il pourrait se mettre à la page!

Est-ce une nouvelle mode…? On voit des « dys » partout…! Oui… peut-être… tant mieux… Nous sommes à même aujourd’hui de déceler les dysfonctionnements des enfants, ce qui les empêche d’avancer au bon rythme, ou d’avancer tout court. Et c’est une TRES BONNE NOUVELLE. C’est un PROGRES considérable qui va nous permettre de développer les bons outils et apporter des solutions à ces enfants en souffrance.

 » Oui mais avant, c’est tout juste si on connaissait la dyslexie, et on s’en remettait! Moi j’ai appris à lire avec la méthode globale et j’ai un boulot dans une grosse boîte, donc tout va bien ».

Avant… avant… on mourrait en couche, puis on accouchait sans péridurale et on en mourait pas, puis on fumait enceinte, avant on buvait enceinte… et on en mourait pas (tous).

C’est stupéfiant comme, pour certains, le progrès semble être une menace, ou uniquement là pour nous faire culpabiliser. Réjouissons-nous du progrès et des méthodes nouvelles, efficaces, aidantes qui nous permettent de nous adapter à la société actuelle, aux attentes des enfants et à nos ambitions de parents.

Le progrès, les « neurosciences », ce ne sont pas des gros mots, c’est là pour nous aider! Et ceux qui n’en ont pas besoin et qui ne rencontrent aucune difficulté suffisante pour chercher ailleurs qu’avant, peuvent effectivement ne pas perdre de temps à essayer autre chose.

Voici quelques précisions – non exhaustives – pour y voir plus clair et comprendre ce que signifie :

  • La dyslexie : trouble attentionné de la compréhension, de la concentration.

Elle touche les fonctions exécutives du cerveau et engendre une difficulté à faire la différence entre les mots, les lettres, graphiquement.

Parce que la dyslexie est multi-factorielles, il existe différents outils, complémentaires, pour avancer :

  • L’orthophonie : phonologie, amélioration de l’attention, motricité globale et fine, Ecriture et orthographe, etc.
  • La psychothérapie
  • Les activités extra scolaires
  • L’alimentation

 

  • La Dyspraxie : trouble de la coordination des gestes fins (lacets, couverts, stylo…)

C’est essayer d’écrire en tenant son stylo avec un gant de boxe.

Les outils et solutions :

  • La psychomotricité et l’ergothérapeute
  • Les outils matériels pour compenser
  • La psychothérapie
  • Les activités extra scolaires

 

  • Le TDA – H : Trouble du Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité

ATTENTION : Un TDA-H peut être très calme, en apparence, mais c’est la tempête dans sa tête! C’est un problème de neurotransmetteurs.

Les zones du cerveau concernées sont celles de : l’impulsivité, la mémoire de travail et la méthodologie

Les difficultés :

  • La conduite
  • Lire un livre (car on part dans ses pensées)
  • On oublie ses affaires
  • On coupe la parole de peut d’oublier ce qu’on veut dire
  • Mauvaise gestion des émotions

Les outils :

  • La méditation
  • L’hyper organisation
  • Les moyens mémo techniques
  • Le sport
  • Les massages
  • La musique…

Les troubles ne disparaissent pas forcément, mais on apprend à les gérer avec le temps.

Lire la BD de Lynda.

  • La dysphasie : trouble structurel de l’apprentissage du langage oral (après 5 ans)

L’enfant a des difficultés à s’exprimer

  • Le Trouble du spectre autistique

Dont les causes sont multi factorielles.

Entraîne :

  • Une altération de la communication
  • Une altération qualitative des interactions sociales réciproques
  • Des intérêts restreints et des comportements répétitifs et stéréotypés
  • Le fait de ne pas voir les signaux que l’interlocuteur envoie
  • L’incapacité à comprendre l’intention derrière l’action

Ces nombreux troubles dont nous découvrons chaque jour un peu mieux les causes, les conséquences et les solutions pour vivre avec, ont de très lourdes conséquences sur la vie de la famille.

Lynda, maman de deux enfants souffrant de TDA-H et elle-même portant ce trouble, témoigne que la Discipline Positive lui a permis de sortir de cette spirale infernale. Car, grâce aux outils que notre méthode propose, elle a pu se mettre à la place de ses enfants, comprendre ce qu’ils ressentaient. Ses enfants ont vu leur mère les écouter et les comprendre et leur proposer des solutions conjointes, co-construites. Comme c’est le cas dans toutes nos recherches de solutions.

Remercions ces enfants différents de nous apprendre chaque jour de nouvelles choses, soyons bienveillants avec nous-mêmes car vivre avec un enfant différent est un chemin, semé d’embûches. Demandons-leur « et toi, comment voudrais-tu que cela se passe? », pour installer ensemble les routines du matin, du soir, des devoirs, des week end…

Ecoutons leurs différences et parfois leurs obsessions ou fixations, en leur disant : « je te rejoins et je comprends ce que tu m’expliques et c’est mon job de parent de t’aider à dépasser cela pour te permettre de vivre ta vie« . Mais la phrase sans son début n’aura aucune chance d’être entendue…