Ateliers Parents « Pour aller plus loin »

IMG_0128Ateliers d’approfondissement de la Discipline Positive 

Les Jeudis 5 et 12 avril de 19H30 à 21H30

Vous avez déjà participé aux 7 sessions des Ateliers Parents, je vous propose une piqûre de rappel pour revoir les principes fondamentaux et surtout découvrir des outils supplémentaires.

En 2 séances de 2 heures, un peu de théorie et beaucoup de pratique, grâce à de nouvelles activités.

Venez seul, en couple, ou avec un(e) ami(e) qui a déjà suivi les Ateliers (avec moi ou un autre formateur).

Envoyez-moi vos questions ou difficultés particulières pour adapter autant que possible mon programme à vos attentes (julie.renauld.millet@gmail.com).

Ateliers parents « Pour aller plus loin », animés par Julie Renauld Millet, formatrice en Discipline Positive :

2 sessions de 2 heures

75 € / personne

120 € / couple

Pré-requis : avoir suivi les Ateliers Parents

Réservez votre place en envoyant un chèque d’acompte de 30€ à Julie Renauld Millet (adresse postale sur demande).

Comment sortir de la jalousie?

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Beaucoup de frères et soeurs sont jaloux les uns des autres. Une jalousie qui peut s’installer très tôt et durer jusqu’au partage de la succession chez le notaire!

La jalousie est une émotion et il est bien difficile pour les enfants de s’en défaire et pour les parents de la gérer.

Au sein d’une fratrie, la jalousie peut-être soufflée par les parents eux-mêmes qui, s’en inquiétant avant même qu’elle n’arrive, et à trop la prévenir, finissent par la provoquer ou en tout cas l’attiser.

La psychopraticienne Emmanuelle Piquet explique très bien le contre effet du cadeau que le bébé offre en naissant à son aîné ou que l’aîné a choisi (ou non) avec ses parents pour son petit frère ou sa petite soeur.  « Comme tout le monde est quasi persuadé qu’il va y avoir jalousie, on crée ou on amplifie quelque chose qui n’était pas si intense que ça. Le risque du cadeau c’est que l’enfant se dise que ça (l’arrivée du bébé) va vraiment être l’enfer« . C’est ce que nous appelons une prophétie auto réalisatrice, comme évoqué dans d’autres articles. Nous provoquons ce que nous souhaitons éviter.

Sans l’anticiper, nous pouvons l’accompagner, l’accueillir et aider notre enfant à la réguler. Ne surtout pas l’éviter, la fuir ou par tous les moyens tenter de la repousser. Quand la jalousie se manifeste c’est aux parents de l’accueillir tout en rappelant les limites et le cadre : pas de violence verbale ou physique, pas de dénigrement, etc. Et la rediriger vers quelque chose de constructif.

C’est en impliquant l’enfant jaloux, en lui demandant de coopérer, en comblant son besoin d’appartenance à la famille et de contribution, en lui donnant son rôle d’aîné dans tout ce qu’il a de valorisant, qu’il pourra s’apaiser et se tourner vers son petit frère ou sa petite soeur, dans le cas où c’est l’aîné qui est jaloux.

C’est en étant pleinement sécurisé que l’enfant jaloux pourra sortir de sa coquille, de sa volonté de faire mieux, plus, ou autant et de s’ouvrir à l’autre.

Le psychiatre autrichien Alfred Adler (1870-1937), étaye ce phénomène par l’exemple :

« Nous avons là de nouveau le problème que nous connaissons bien, celui d’un garçon plus âgé et d’une sœur plus jeune. Nous savons qu’en soi le garçon est dans une situation désagréable (…). Nous savons que le deuxième enfant est toujours comme en compétition et qu’il s’efforce constamment de dépasser le premier ».

Ce qui engendrera le découragement chez l’aîné voyant sa sœur puinée gonflée d’énergie pour le dépasser et lui, perdre espoir de plus en plus.

Bon nombre de parents participent aux Ateliers Parents que j’organise pour leurs aînés découragés – et décourageants (neurones miroirs !) et ce sont eux que je retrouve souvent en consultation. La famille étant un système, Eva Dreikurs Ferguson – fille de Rudolf Dreikurs (psychiatre autrichien, élève d’Alfred Adler) – constate dans son cabinet de thérapeute que bientôt la difficulté basculera, et c’est le puiné qui posera des problèmes dès lors que l’aîné aura regagné en confiance et aura assouvi ses besoins d’appartenance et d’importance.

L’aîné a besoin de retrouver une place, le puiné s’en étant forgée une de fait pour rattraper l’autre, et le déséquilibre peut vite basculer en difficulté si les parents ne remettent pas le sentiment social (la collaboration) au centre du système familial. « En voulant protéger les plus petits, on les fragilise« , ajoute Emmanuelle Piquet. « Selon nos échantillons, parmi les enfants harcelés, 60% sont des aînés. L’aîné pense que tout le monde va l’aimer comme papa et maman. Le cadet – voire le benjamin – lui, il s’est pris des taloches de ses frères et soeurs et donc il y va. Les aînés quant à eux, ne sont pas très musclés relationnellement« .

Le rôle de parents est de ne pas nier la jalousie, de ne pas trop intervenir, et de les laisser se bagarrer loin de nous. Sans public, ils auront peut-être moins de levier. Le système familial n’est pas linéaire, c’est cela qui en fait la richesse. Et cela demande beaucoup d’investissement de la part des parents pour continuellement accompagner ses mouvements de balanciers.

Lors d’une promenade en famille, Gaspard (5 ans) s’engage dans une course à vélo avec sa petite sœur de 3 ans. Ils arrivent à égalité.

  • « Pourquoi n’as-tu pas pédalé plus vite ? » demande sa mère à Gaspard, le pensant découragé.
  • « Viens maman, je vais te dire un secret, lui répond Gaspard. Pour laisser Louise gagner, parce que c’est toujours moi qui gagne ».

La mère, émue, se dit que la contribution, l’empathie, la solidarité, avaient pris le pas sur la compétition. Et dans cette fratrie où la jalousie régnait au quotidien, c’était une très, très grande victoire.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, Coach Parents Enfants. Formatrice en Discipline Positive

Implique-moi, je me révèle

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Gaspard (5 ans) se retrouve un jour dans le bureau de la directrice d’une nouvelle école qu’il visite avec ses parents pour sa rentrée prochaine. La directrice lui a demandé d’apporter ses cahiers d’activités, que Gaspard commence par montrer fièrement à ses parents dans la salle d’attente, avant l’heure du rendez-vous.

La directrice ouvre sa porte et demande à Gaspard de s’installer seul à une grande table pour faire un puzzle pendant qu’elle parlera à ses parents, autour d’une table attenante.

  • Je n’aime pas les puzzles », grogne Gaspard d’une mine renfrognée.
  • Je comprends mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie, donc tu vas faire ce puzzle parce que je dois parler à tes parents », lui répond la directrice.

Gaspard ne fera pas le puzzle. Il restera assis devant sa table de longues minutes, face aux puzzles – qu’il aime faire par ailleurs, sa mère le sait et ne peut s’empêcher de le lui rappeler au cas où il serait victime d’une amnésie aussi passagère que brutale.

Mais elle sait aussi, depuis la première seconde, que si Gaspard ne coopère pas c’est qu’il est exclu du cercle. Ses parents se sont assis en face de la directrice, à son bureau, tournant le dos à Gaspard.

Après de longs échanges entre les parents et la directrice, et quelques vaines tentatives de la part de sa mère et de la directrice de lui faire faire le puzzle, il viendra rejoindre sa mère sur ses genoux pour enfin montrer à la directrice ses cahiers et lui commenter chacun de ses exercices.

Une fois l’entretien terminé, Gaspard dira à ses parents :

« Elle est méchante cette dame ». Et sa mère prendra le temps de se connecter avec lui pour reconnaître sa souffrance, après la lui avoir fait verbaliser.

Gaspard n’aura aucun mal à dire que s’il n’a pas fait le puzzle, c’est qu’il était tout seul à cette table. Sa maman lui aura expliqué que la directrice n’était pas méchante mais qu’elle comprenait sa réaction. Et sans doute que si Gaspard avait eu une troisième chaise autour du bureau de la directrice, il aurait fait des puzzles et, rassuré, aurait pu attendre son tour.

Le besoin d’Appartenance cher à Alfred Adler (1870 – 1937), dont les principes ont construit la Discipline Positive est la colonne vertébrale de l’enfant. Il en a besoin, autant que de contribuer, sans cela, il développera des comportement inappropriés (comme celui de refuser ce qu’on lui demande) et sera découragé. Là encore, il s’agissait de l’inclure et d’installer une chaise, des gestes simples qui peuvent nous apparaître évidents s’il l’on prend le temps de se mettre à la place de l’enfant. C’est ce que nous faisons lors de nos Ateliers Parents/Enseignants pour amener l’adulte à ressentir par lui-même ce qui va encourager ou décourager l’enfant.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, Coach Parents Enfants

Eviter de faire pour l’enfant ce qu’il est capable de faire seul

Scène de la vie quotidienne d’une famille au petit-déjeuner :

« Gaspard, peux-tu me passer le miel, s’il te plaît ? » demande la mère à Gaspard.

Le père passe le miel à la mère, à la place de Gaspard (5 ans).

Gaspard se met à pleurer.

Le père, croyant bien faire, reste interloqué par une telle réaction qu’il pense disproportionnée.

Que s’est-il passé pour que Gaspard se mette à pleurer pour un simple pot de miel? Alfred Adler, psychiatre autrichien (1870-1937) dont les principes ont construit la Discipline Positive, explique que l’enfant naît avec deux besoins fondamentaux sur lesquels il cherche à se construire toute sa vie : appartenir et contribuer. Si le père passe le miel à la place de l’enfant, alors l’enfant ne peut pas assouvir ce besoin de contribuer et donc de se sentir appartenir à cette famille qui n’aurait pas besoin de lui, il est alors totalement découragé et il l’exprime comme il le peut à cet âge : des cris, des pleurs.

Par ces simples gestes de la vie quotidienne, l’enfant peut être encouragé ou… découragé. Dès lors que le parent en a conscience, il a la possibilité de nourrir ces deux besoins qui sont parfois très accessibles. En le laissant donner le pot de miel lui-même comme sa maman le lui a demandé, le parent nourrit non seulement son besoin de contribuer et d’appartenir mais il lui montre également qu’il en est capable. En donnant le pot de miel à sa place, le message peut être interprété par l’enfant comme « tu n’es pas capable, laisse, je vais le faire ». C’est anodin mais tellement constructif pour l’enfant!

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique et coach Parents Enfants