Je ne supporte plus mon conjoint : et si le problème n’était pas celui qu’on croit ?

Couple : quand tout m'agace chez mon partenaire
Couple

Ce matin, je reçois B., 43 ans, qui ne peut plus voir son mec en peinture.

Tout ce qu’il fait, tout ce qu’il dit l’insupporte.

Sa façon de mâcher son pain le matin. De boire son café. De lui parler le nez dans son téléphone.

Elle n’en peut plus de devoir tout lui dire, tout lui rappeler, tout organiser. Elle est épuisée d’être le moteur du couple.

Bref, son conjoint l’agace au plus haut point.

Pendant dix minutes, je la laisse vider son sac. Sa colère, ses contrariétés, son exaspération. Tout y passe.

Je pourrais lui dire : « Mais qui voudrait d’un mec comme ça, en effet ! »

Sauf que j’aime les questions qui viennent bousculer les évidences.

Alors je lui demande :

« Pensez-vous que c’est fun de vivre en couple avec vous ? »

Quand tout ce que fait l’autre nous insupporte

B. ne s’attendait pas à cette question.

Elle était venue pour parler de tout ce qui n’allait pas chez son mec. Peut-être aussi pour que je lui confirme qu’elle avait toutes les raisons d’être exaspérée.

Et voilà que je l’invite à regarder dans une direction qu’elle n’avait pas envisagée : elle-même.

Parce que lorsqu’on a chaussé les lunettes de « l’autre fait tout de travers », on finit par ne plus voir que ça.

Chaque geste devient irritant. Chaque parole agace. Et même sa façon de respirer pourrait devenir un problème.

On passe tellement de temps à observer ce que l’autre fait mal qu’on ne voit plus ce qu’on pourrait faire, soi, pour changer quelque chose à la relation.

« Pourquoi ce serait encore à moi de faire des efforts dans mon couple ? »

B. me répond :

« Oui, mais c’est toujours à moi de bosser ! »

Et je lui réponds :

« Oui, parce que c’est aussi vous qui voulez kiffer ! »

Attention, il ne s’agit pas de lui expliquer qu’elle est responsable des tensions dans son couple. Ni de lui demander de prendre sur elle, de faire encore plus d’efforts ou de compenser tout ce que son conjoint ne fait pas.

Ce serait lui ajouter une charge supplémentaire alors qu’elle se sent déjà épuisée.

L’idée est ailleurs.

Tant qu’elle attend que son mec change pour aller mieux, elle lui laisse, en quelque sorte, les clés de son bien-être.

Et si elle pouvait reprendre un peu de pouvoir sur ce qu’elle vit, sans attendre qu’il devienne enfin celui qu’elle voudrait qu’il soit ?

Retrouver de la complicité dans son couple : changer le regard plutôt que changer l’autre

Dans une relation de couple, on cherche souvent à savoir qui a tort, qui a raison, qui doit faire des efforts et qui doit changer.

Mais savoir qui est responsable ne suffit pas toujours à faire évoluer une relation.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est de comprendre comment chacun participe, parfois malgré lui, à entretenir ce qui ne fonctionne plus.

Et surtout, comment introduire quelque chose de différent.

Cela ne veut pas forcément dire organiser des soirées romantiques, multiplier les attentions ou devenir la gentille compagne qui fait tout pour sauver son couple.

Cela peut commencer par sortir de cette position où l’autre est devenu l’unique objet de nos reproches.

Par retrouver une forme de légèreté, de jeu, de plaisir. Pas pour lui faire plaisir à lui. Mais parce qu’elle aussi a envie de s’amuser dans cette relation.

Et que si elle remet du fun dans son couple, elle sera la première à en profiter.

Ce qui ne garantit évidemment pas que son conjoint changera. Mais ce qui peut déjà modifier la manière dont elle vit leur relation, et parfois la dynamique entre eux.

Et si vous arrêtiez d’attendre que votre conjoint change pour recommencer à vivre ?

B. était venue avec une longue liste de ce que son mec faisait de travers.

Elle ne s’attendait pas à ce que je lui pose une question sur le plaisir qu’il pouvait y avoir à vivre avec elle.

Mais c’est précisément ce déplacement du regard qui m’intéresse dans l’accompagnement des couples.

Non pas chercher un coupable. Non pas déterminer qui devrait changer en premier.

Mais retrouver une marge de manœuvre là où l’on croyait ne plus en avoir.

Parce qu’attendre que l’autre change peut devenir une sacrée prison.

Et découvrir qu’on peut faire bouger quelque chose sans attendre sa permission, c’est un sacré pouvoir !

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