Mon enfant est différent (1)

IMG_1487Qu’est-ce qu’un enfant différent dans une société où tout être est unique et riche, dont les valeurs se révèlent chaque jour et qui, tout au long de sa vie, évolue, grandit, apprend, grâce à lui, à ses rencontres, à son environnement?

Je vais évoquer dans cette série d’article les enfants qui souffrent de leur(s) différence(s), ceux pour qui la différence est parfois une lutte, un combat quotidien. Ceux que les talentueuses Audrey Akoun et Isabelle Paisseau nomment les « Zatypiques » (aux éditions Leduc.s)

Dyslexiques, Dyspraxiques, Dysphasiques, Dyscalculiques, Haut Potentiel, Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité…

Les fameux « Dys », HP et autres TDA/H, on en entend beaucoup parlé, mais qui sont-ils? de quoi souffrent-ils? Est-ce irrémédiable? et est-ce contagieux…?

Contagieux pourquoi? Parce que parfois, dans les cercles de parents, quand un premier parent explique que son enfant est précoce, tout à coup, beaucoup de parents se sentent aussi concernés, parfois à raison et parfois sans vraiment d’éléments tangibles. On peut avoir l’impression de croiser des enfants précoces ou TDA/H à tous les coins de rue ou dans tous les dîners en ville…!

Et c’est là le point de départ. Nos enfants sont nos merveilles, les plus doués au monde, ils sont surement très en avance sur certains points d’ailleurs, très agités aussi parfois, très brouillon, peu soignés, maladroits, paresseux… mais ils ne souffrent pas tous d’une différence si marquante, que cela les empêche d’avancer sans lutter. Et pour le savoir, on se compare, on regarde les autres, on écoute les conseils, on regarde en arrière, on lit… et puis un jour on fait un diagnostic (quantitatif ET qualitatif avec un spécialiste) et l’on sait.

  • L’hyperesthésie de l’enfant atypique

A partir de ce jour, nous comprenons pourquoi notre enfant est hypersensible, une véritable éponge émotionnelle – car c’est ce qui caractérise tous ces enfants différents. Pourquoi une étiquette qui gratte dans le cou devient un tapis de fakir, pourquoi si les pommes de terre ne sont pas grillées de chaque côté, elles sont considérées comme crues et donc immangeables, pourquoi la lumière de la salle de bain lui semble aveuglante, pourquoi si sa soeur chante à côté ce n’est autre qu’une Castafiore…

  • Vivre avec et ne plus vivre contre

L’enfant atypique sent et ressent le monde puissance 1 000. Son odorat, sa vue, son toucher, son goût, son ouïe sont hyper développés. Ses capteurs sont sans cesse en éveil et ne le laissent jamais en paix. Souvent, il le communique par ces mêmes sens : il crie, il manifeste du dégoût, il se bouche le nez… Ses réactions nous paraissent disproportionnées. Et s’il y a bien une chose dont il a besoin, c’est d’être écouté, entendu et compris. Et s’il y a bien une chose que la société, l’entourage ont bien du mal à lui donner c’est cette compréhension, cette tolérance et cette attention. L’enfant atypique prend beaucoup d’énergie, à nous, mais à lui d’abord. Il compense. Sans cesse il se dit « je sens bien que je suis différent, ce n’est pas normal, pourquoi? et comment puis-je rejoindre ce cercle de gens pas comme moi…? »

Il est anxieux, d’où son besoin de sécurité permanent, et ses difficultés d’endormissement, de s’alimenter parfois, de se concentrer, de travailler. Ses idées foisonnent dans sa tête, au risque de ne jamais s’arrêter. Le cerveau de l’enfant à haut potentiel ou hyperactif n’a pas de bouton OFF.

Il voudrait bien mais il ne peut point, comme dirait l’autre. Et ce n’est pas de la mauvaise volonté, un manque d’effort, un caprice. Son cerveau fonctionne différemment, réagit de façon disproportionnée aux stimuli sensoriels. Les causes sont multifactorielles, on parle de génétique (et d’hérédité), d’environnement, d’alimentation… L’alimentation car les glucides ont une incidence sur le comportement des enfant souffrant de troubles de l’attention, par exemple.  La BD de Lynda pourra vous éclairer à ce sujet.

Il existe heureusement des outils, des astuces, un accompagnement, qui vont lui permettre de vivre avec et ne plus vivre contre. Car, en général, ces troubles ne disparaissent pas mais l’enfant apprendra à les apprivoiser pour vivre heureux.

(La suite à venir)!

HELP! J’ai besoin d’aide!

IMG_9287Vous avez laissé les enfants vivre à leur rythme et vous vous demandez comment sortir de l’anarchie dans la maison? Voici quelques astuces et interprétations inspirées de la discipline positive pour vous aider à décrypter ce qui déraille et chercher une réaction accessible et efficace.

ATTENTION : il n’y a pas de recette miracle, juste un pas de recul pour comprendre comment fonctionne l’enfant et comment s’adapter quand on est désemparé.

IL NE VEUT PAS SE COUCHER !

  • Son sujet :

« J’ai peur de rester seul, même si maman n’est pas loin »

  • Votre sujet :

« J’ai tellement envie de dîner tranquillement avec mon mari ! »

  • Chacun y trouve son compte si : vous dessinez sur une ardoise 2 grands vases. Le 1er sera rempli des vilaines choses de la journée, l’autre des jolies choses. L’enfant choisit lui-même les couleurs que porteront chacun des vases. Il dessine lui-même ou la maman dessine/écrit selon l’âge et l’humeur.

 

  • La clef : se libérer des éventuelles tensions de la journée pour s’endormir paisiblement ! Reconnecter l’enfant à ses besoins (et comprendre pourquoi cela fait 10 fois qu’il vous rappelle)

 

IL NE MANGE RIEN RIEN !

  • Son sujet :

« Maman a l’air de mettre tellement d’énergie à me faire manger. Toute cette énergie… je prends ! »

  • Votre sujet :

« Je mets tellement d’énergie à le faire manger, en vain, je suis épuisée, moi même je n’ai plus faim ! »

  • Chacun y trouve son compte si : vous lâchez ! Nous les mamans, on a beaucoup de mal à lâcher sur ce sujet si délicat de la nourriture !! Se mettre à table avec lui et lui proposer des plats pour qu’il se serve selon sa faim et ses envies.

 

  • La clef : refaire du repas un moment convivial, déchargé d’émotions, où la nourriture n’est pas un sujet, mais parler de ce qu’on a très envie de faire ce week end… Nous sommes modèles de nos enfants, si on se nourrit apaisés, il y a des chances pour que l’enfant le fasse aussi.

 

IL EST ACCROC AUX ÉCRANS

  • Son sujet :

« Je pourrais me gaver de dessins animés toute la journée, ça excite mon cerveau tout en m’abrutissant »

  • Votre sujet :

« Mon enfant est léthargique et excité, je récupère une bombe à retardement si je le laisse plus longtemps »

 

  • Chacun y trouve son compte si : les écrans sont SECURISES (il ne peut tomber QUE sur des dessins- animés comme sur You Tube kids) et si vous anticipez et établissez – ensemble – un contrat : combien d’épisodes te semblent raisonnables ? 3 ? OK. Faire respecter le contrat pour renouveler l’autorisation

 

  • La clef : co-construire et valoriser son engagement et le respect du cadre

 

JE NE PEUX PAS PASSER UN SEUL COUP DE TÉLÉPHONE

  • Son sujet :

« Je veux ma maman pour moi tout seul »

  • Le vôtre :

« Je veux 10 minutes de paix pour moi toute seule ! »

 

  • Chacun y trouve son compte si : vous Anticipez, si vous pouvez ! « Pose ta main sur mon poignet pour que je me souvienne que tu veux me parler et dès que j’ai fini, ce sera à toi ». Ou lui indiquer sur une montre « Quand la grande aiguille sera sur le 10, je viendrai jouer avec toi, promis ». Ou encore lui confier une « mission » : « Est-ce que tu peux me sortir les légumes pour qu’on prépare ensemble le dîner de ce soir ? »
  • La clef : il a besoin de se sentir exister, important et contributeur… H24

 

IL FAIT DES CRISES AU SUPERMARCHÉ

  • Son sujet :

« Mais c’est Noël ici !! il y a encore plus de cadeaux que sous le sapin ! »

 

  • Votre sujet :

« Maman n’est pas le Père Noël et sa hotte est très limitée ! »

  • Chacun y trouve son compte si : encore une fois, vous anticipez.

« Nous allons au supermarché, je suis d’accord pour t’offrir 1 journal/livre/sachet de bonbons… tu as le droit de les regarder TOUS et prend le temps de choisir ton PREFERE »

  • La clef : certains psy disent qu’il est cruel de confronter un enfant à autant de sollicitations en lui refusant tout, et de lui demander de se tenir correctement et de dire « d’accord maman, je ne réclamerai rien ». Ses neurones ne sont pas encore câblés pour qu’il accepte à ce point la frustration !  La frustration oui, mais en lui accordant 1 seule petite chose pour mieux la gérer. Ou le laisser à la maison (sous surveillance) !

 

 IL NE VEUT PAS S’HABILLER !

  • Son sujet :

« On me réveille, on me presse, j’ai froid, je suis fatigué, j’ai faim, je veux un câlin… comment ça il faut lever les bras pour mettre mon t-shirt ??? »

  • Votre sujet :

« On va être en retard à l’école/la crèche/chez Papy et Mamy »

  • Chacun y trouve son compte si : on a préparé les habits la veille, c’est lui qui s’habille seul comme un grand, c’est lui qui choisit (choix limité : le bleu ou le rouge), c’est à son rythme (à nous de le réveiller plus tôt s’il lui faut plus de temps). Faire la course avec papa peut fonctionner parfois (entre frère/sœur, ça peut créer de la compétition, à utiliser avec modération !)

 

  • La clef : Alléger le niveau de stress déjà bien haut (le réveil, l’école, rien oublier pour la journée, la cantine, les copains, la maîtresse sévère…), mettre un peu d’humour et de fun.

« Tu as envie de mettre un maillot aujourd’hui 17 novembre ? OK ! mais des bouées et des palmes aussi alors ! ».

Le valoriser, le rendre responsable, l’encourager.

N’oubliez pas de vous mettre à sa hauteur, accroupissez-vous, regardez-le, connectez-vous avec votre enfant pour lui faire passer vos messages et comprendre ce qu’il vit. Vous avez, lui et vous, une lecture souvent bien différente des situations. Retrouvez un langage commun pour communiquer et n’oubliez pas que vous, parents, êtes son/leur modèle. Si pas d’écran… alors pas d’écran pour vous! Si vous lui criez « ARRETE DE CRIEEEEER! », le message ne peut pas être compris, aussi fort soit-il!

 

Julie Renauld Millet

Coach systémique

Coaching Parents-Enfants / Formatrice Discipline Positive

Julie.renauld.millet@gmail.com

Le blog : https://julie-renauld-millet-life-coach.com

Coup de pouce aux enseignants

Le ministre de l’Education a de grandes ambitions pour nos enfants, et nous aussi! Et si vous pensez qu’il est plus facile de les déclarer que de les réaliser, nous avons des outils pour vous y aider.

Dans son courrier d’été adressé aux enseignants, Jean-Michel Blanquer leur confie : « Vous exercez la mission la plus noble qui soit, celle qui consiste à élever chaque enfant au meilleur de lui-même, par-delà et à travers toutes les différences et même toutes les difficultés. (…) Notre ministère est d’abord et avant tout celui de l’idéal. Nous avons tous choisi nos missions parce que nous croyons aux vertus de l’éducation pour que chaque personne se réalise. (…) Notre engagement, notre ouverture, notre bonne volonté, notre exigence bienveillante ont valeur d’exemple pour les enfants et adolescents dont nous avons la responsabilité. Amener chaque élève au meilleur de lui-même, tel est le sens que nous donnons à l’excellence. »

La Discipline Positive, telle qu’elle est proposée dans les écoles en France, permet d’accompagner les équipes pédagogiques dans cette recherche d’excellence, d’exigence bienveillante et d’éducation grâce à des outils concrets et efficaces. L’un des outils est le Temps d’Echange en Classe :

  • Les Temps d’Echange en classe : l’enseignant réunit tous ses élèves autour d’un agenda (projet ou problématique rencontrée avec un ou plusieurs enfant(s)). Dans un 1er temps, les enfants assis en cercle, sont invités à remercier chacun de leurs camarades pour quelque chose qu’ils ont dit ou fait. Cela permet de mettre tout le monde dans une atmosphère positive et généreuse. Puis la problématique est exposée, exemple : « aujourd’hui nous faisons ce temps d’échanges pour aider Aimeric à se concentrer en classe ». Tous les enfants, grâce à un bâton de parole, propose une solution, chacun à leur tour, et toutes les solutions sont écrites au tableau, de la plus  loufoque à la plus réaliste. Ensuite, l’enseignant demande aux enfants, pour chacune des solutions, si elles sont respectueuses, aidantes et reliées au sujet. Puis, le groupe choisit la ou les solution(s) à tester. Il est ici essentiel de faire participer tout le monde, de ne rien imposer, de faire émerger le plus possible de créativité.
  • Le grand bénéfice du Temps d’échange en classe est de ne laisser personne sur le côté, de solliciter chacun des élèves, se sentant ainsi importants, respectés, valorisés. Quelle que soit la problématique, celle-ci implique bien souvent plusieurs enfants, de façon directe ou indirecte. Même si nous cherchons, ici, des solutions pour aider Aimeric, celles-ci aideront toute la classe. L’enfant se sentira entouré et chacun pourra reconnaître que s’il est en difficulté, la classe se mobilisera pour lui.
  • Nous leur inculquons des valeurs aussi importantes que la coopération, l’altruisme, la réflexion, etc.

Cet outil parmi d’autres peut être enseigné par les formateurs en Discipline Positive dans les écoles.

Les nombreux outils et activités proposés par la Discipline Positive répondent à des difficultés telles que les conflits dans la classe ou dans la cour, le harcèlement, les perturbateurs chroniques, les enfants en retrait, l’agitation répétitive, etc.

Il existe autant de missions d’accompagnements qu’il y a de problématiques ou de projets éducatifs. Nous sommes là pour vous écouter et vous proposer la solution la plus adaptée.

Pour en savoir plus et poser vos questions : julie.renauld.millet@gmail.com

Formatrice en Discipline Positive Parents et Personne ressource dans les écoles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma place dans la fratrie

« Dans ma famille, je suis un ovni, je suis la rebelle, celle qui dérange et que personne ne comprend »

« Quelle place as-tu dans ta fratrie ? »

« Je suis la 3ème ».

CQFD

Jane Nelsen, docteur en psychologie de l’éducation, consacre tout un chapitre de son livre « La Discipline Positive », sur le rang dans la fratrie. Selon elle, appartenir à une même famille n’engendre pas forcément des caractéristiques communes entre les enfants, bien au contraire. Car « la plupart des enfants pense que la seule option qu’ils ont pour avoir un sentiment d’appartenance familiale est de se différencier au sein de la fratrie », principe adlérien fondamental, celui d’appartenir au groupe et d’y contribuer.

« Si l’un des enfants a investi un domaine avec succès, alors, pour survivre en continuant à être vus, les autres pensent qu’ils n’ont que quatre choix possibles :

  • Développer une compétence dans un domaine complètement différent
  • Entrer en compétition et faire mieux que les autres membres de la famille
  • Se rebeller ou se venger
  • Se désengager en étant convaincu de ne pas être à la hauteur ».

 

Or il existe bien plus de similitudes entre les enfants d’un même rang (les aînés, la cadets, les benjamins…) qu’entre les frères et sœurs d’une même famille.

On l’observe surtout chez les aînés et les benjamins, dont les traits de personnalité sont les plus prévisibles.

Les aînés pourront être qualifiés de responsables, leaders, autoritaires, perfectionnistes, etc.

Les benjamins entendront dire qu’ils sont choyés, qu’ils savent amadouer l’autre pour obtenir ce qu’ils veulent. Ils sont créatifs et s’amusent, il y a parfois plus d’espace et moins de pression pour eux. « Le risque : interpréter la vie comme injuste, à chaque fois que l’on ne s’occupe pas d’eux et qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent », précise Jane Nelsen.

 Mais pourquoi est-il comme ça ?

Cette constatation nous permet de mieux comprendre les traits de caractère de nos enfants et de les aider à développer ce qu’ils ne se sentiraient pas capables de faire, à cause de leurs croyances et de leur perception, influencées par leur rang dans la fratrie.

Cela nous permet aussi de soulager les aînés à qui nous donnons toujours tant de responsabilités sous prétexte qu’ils sont les plus âgés. Ils n’ont rien demandé et ils doivent partager depuis tant d’années ! De responsabiliser les derniers-nés car ils n’auront pas toujours un grand frère pour leur tenir la main, eux aussi sont capables de faire par eux-mêmes et d’être grands… !

De comprendre pourquoi un 3è est si différent. Ce sont eux que l’on retrouve souvent dans les professions de psychologue, avocat, sophrologue… Ils sont souvent à l’écoute, empathiques, car ils ont passé du temps à observer pour se construire, à tenter de résoudre les problèmes causés plus haut. Ce sont eux qui remettent en question le système, qui soulèvent le tapis. Ils osent, ils ont un très fort besoin de justice. Ils peuvent être généreux puisqu’ils ont toujours partagé.

Privilégier la coopération plutôt que la compétition

Il existe des biais et de nombreuses exceptions, bien sûr. Les choses ne sont pas similaires dans une famille de 3 enfants et dans celle de 7 enfants. Lorsque la différence d’âge est supérieure à quatre ans, entre deux enfants, on considère alors qu’ils s’influencent moins les uns les autres. Le sexe également, peut faire que si l’aîné est un garçon, et que la seconde est une fille, cette dernière se sente l’aînée également.

L’atmosphère familiale peut avoir une influence sur ces caractéristiques. En privilégiant la coopération, plutôt que la compétition, la différence entre les enfants sera moindre.

Il est amusant de constater que nous pouvons être attirés par des pairs, ou au contraire, dans un couple, un petit dernier sera à la recherche d’un aîné pour combler son besoin de réassurance et de protection qu’il a toujours connu, et vice-versa.

Je connais une famille de quatre filles qui ont épousé, pour trois d’entre elles, des fils uniques. Avaient-elles envie de retrouver un peu d’unicité… ?

Il n’est pas question d’enfermer nos enfants dans des cases à caractéristiques communes, mais bien d’avoir des clefs supplémentaires pour mieux les comprendre et les aider à s’épanouir pleinement, en conscience.

Julie Renauld Millet

Coach systémique

Formatrice en Discipline Positive

 

 

 

Et moi, et moi, et moi…

Le sentiment de jalousie est bien souvent inévitable dans une fratrie. L’enfant unique est soudain déstabilisé à l’arrivée du second. L’attention que les parents portent à l’un peut être vécue comme retirée à l’autre. Or il existe des clefs pour éviter d’exacerber ce sentiment irrépressible et des pièges à éviter…

  • Ce n’est pas l’enfant qui a un problème c’est son interaction avec les membres de sa famille qui dysfonctionne

Les parents qui consultent un thérapeute ou se rendent aux ateliers de Discipline Positive, le font parfois pour un enfant, en particulier, avec lequel ils rencontrent des difficultés. Or dans l’approche systémique, nous partons du principe que le problème ne prend pas racine chez une personne, mais dans l’interaction de cette personne avec son entourage directement concerné. Et c’est sur cette interaction que nous allons travailler pour faire évoluer tout le système familial afin de résoudre le problème originel.

La psychologie adlérienne rejoint l’approche systémique en constatant que le changement d’un enfant entraîne les autres membres de sa famille. C’est une dynamique, tout le monde affecte tout le monde.

  • Les effets de la compétition dans la fratrie

Eva Dreikurs Ferguson, docteur en psychologie et spécialiste de la psychologie adlérienne, constate que la compétition existe dans de nombreuses familles, et qu’elle est souvent nourrie par les parents. « C’est souvent entre l’aîné et le second que cela se joue et dans 80 à 90% des cas, les conséquences sont négatives », précise-t-elle. « Lorsqu’il y a compétition, 1 enfant est considéré comme le bon, et l’autre le mauvais, c’est 100% prévisible ».

Et nous, parents, entretenons parfois cette compétition. Même quand il s’agit de les faire avancer au quotidien : « Le premier arrivé à la voiture a gagné ! », à utiliser avec parcimonie ! Les compliments donnés à un enfant engendrent également de la jalousie, à la différence des encouragements (Lire « Pourquoi l’encouragement est-il essentiel »).

  • L’enfant a besoin d’appartenir, de contribuer et d’être aimé

Or si on aide le « mauvais » enfant, au cours d’un atelier ou d’une thérapie, le « bon » n’aura pas envie que le mauvais change. Le bon fera tout pour que le mauvais soit encore plus mauvais car son objectif est l’homéostasie : la résistance au changement.

A nous, parents, d’aider les deux enfants simultanément en leur faisant comprendre qu’ils sont l’un comme l’autre « valued, belonged and loved ». Comme le rappelle le Docteur Haim Ginott, il ne s’agit pas d’aimer ses enfants de façon uniforme, mais plutôt de façon unique. Chaque enfant est aimé pour ce qu’il est.

Eva Dreikurs Ferguson constate que bien souvent, en aidant le « mauvais » enfant, celui-ci parviendra à changer, à se mettre au travail, à progresser, à s’assagir… et c’est le « bon » enfant, celui qui n’a jamais posé de problème, qui prendra alors la place vide, celle du cancre. Le « bon » devient le « mauvais » et vice-versa.

C’est pourquoi ce n’est pas l’un ou l’autre qu’il faut faire évoluer, mais bien toute la sphère familiale en se penchant sur les interactions entre chacun de ses membres.

(Lire aussi, « Ma place dans la fratrie »)

Julie Renauld Millet

Coach systémique, Formatrice en Discipline Positive

Comment se construit un enfant ?

Le Docteur Eva Dreikurs Ferguson, fille de Rudolf Dreikurs qui a développé les travaux d’Alfred Adler, initiateur de la psychologie individuelle et tous deux psychiatres autrichiens du début du XXème, explique le concept de logique interne que nous nous façonnons dès la naissance.

Entre 0 et 6 ans, l’enfant absorbe chacune des informations transmises entre ses deux parents et plus généralement au sein de sa fratrie. La façon dont la mère parle au père, et réciproquement, les types de communication, les systèmes de pensées, d’actions, de réactions. L’enfant ne perd pas une miette des milliers de détails qui foisonnent au-dessus de sa tête au quotidien.

« Si la mère reproche au père, en criant, avec colère, d’avoir encore oublié les œufs au marché. L’enfant apprendra que dans la vie, nous pouvons obtenir les choses en criant et en étant en colère. Mais si le père répond qu’elle n’avait qu’à y aller elle-même. L’enfant apprendra que les cris et la colère ne suffisent parfois pas », explique Eva Dreikurs.

« On peut aussi choisir d’apprendre à l’enfant qu’il est possible de se parler poliment et de demander les choses sans se fâcher. Que l’on peut écouter l’autre, ses besoins et même entendre ce que l’autre a à dire. Ceci entre parents, mais savoir écouter aussi les enfants. Leur demander leur avis est encore trop rare, pourtant l’effet est tout à fait bénéfique ».

A 6 ans, l’enfant connaît tout de la communication entre ses parents. Et il découvre ainsi comment trouver de l’importance, ce qui est important ou non dans la vie (si on fait grand cas d’une boîte d’œufs oubliée ou non), quels types de comportements engendrent un succès ou un échec. Il découvre également, à travers ses informations, si la vie est dangereuse, imprévisible, etc.

Avant même son entrée à l’école, l’enfant détient une vision de la vie et il est persuadé que c’est la réalité.

C’est ainsi que l’enfant construit sa logique interne. S’il a observé que sa mère, ou son père, était sans cesse victime (des erreurs des autres, de la société, de son réveil en panne, de son patron désagréable…), il grandira en pensant que tout le monde est une victime, lui le premier. Et cela lui prendra beaucoup de temps (et de travail) pour réaliser qu’il peut ne pas être une victime.

« La logique privée est la clef pour interagir avec les siens. Elle prend racine dans nos interactions familiales. Nous avons chacun notre propre logique privée et pensons, chacun, que le monde est ainsi fait. »

Nos logiques privées nous amènent bien souvent à faire des suppositions, nous en faisons tout le temps (pour ceux qui les connaissent, c’est le 3è accord toltèque). Nous interprétons les messages de l’autre.

Eva Dreikurs raconte :

« Un psychiatre demande à une petite fille :

  • Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?

La petite fille répond :

  • Je veux être docteur
  • Ha, tu aimes aider les autres alors !
  • Non, je veux les découper !!

Ici le psychiatre possède une logique privée bien différente de celle de la petite fille qui n’est pas dans une logique d’aide, mais plutôt de super-pouvoir sur l’autre. »

« Les logiques privées peuvent évoluer. Les principes adlériens modifient le regard de l’enfant sur le monde. Selon Alfred Adler – psychiatre autrichien contemporain de Freud –  il ne s’agit pas d’apprendre à l’enfant à s’asseoir correctement ou à sourire plus souvent. Il s’agit de l’aider à changer sa logique interne si elle n’est pas adaptée au monde réel. La théorie adlérienne n’a donc pas pour objectif de rendre les gens plus heureux, mais de faire en sorte qu’ils fonctionnent mieux ensemble. Et s’ils fonctionnent mieux ensemble, alors leurs émotions seront positives », poursuit-elle.

Notre travail de formateur en discipline positive, ou mon travail de coach parental, est de comprendre les logiques internes de chacun (parents et enfants), de les mettre en harmonie et de faire en sorte qu’elles soient adaptées à la réalité, pour que la famille, dans son ensemble, fonctionne mieux.

Julie Renauld Millet, coach systémique

Formatrice en Discpline Positive

« Tu vas tomber ! »

Et si nous nous attardions quelques minutes sur ces expressions que nous utilisons si couramment et qui ne sont ni efficaces ni constructives… Voici comment les remplacer facilement par des phrases aidantes et prospectives.

« Attention tu vas tomber ! »

 

Ce que l’enfant perçoit :

C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice. Au mieux l’enfant s’arrête, par peur de tomber, et n’osera plus. Au pire, l’enfant tombe pour faire plaisir au parent et lui donner raison. Ici l’enfant est coupé dans son élan, il se sent alors incapable, il n’osera pas y aller la prochaine fois.

Comment apprendre à faire du vélo en pensant qu’on va tomber… ?

Comment lui apprendre : mettre en garde sans prévoir le pire. « Attention, il y a un danger, tu l’as vu, évite-le ! »

 

« Ce n’est rien, ce n’est pas grave. Tu ne t’es pas fait mal. »

 

Ce que l’enfant perçoit : tu n’as pas le droit d’avoir mal, je nie ta douleur. Je sais mieux que toi si tu as mal.

Comment lui apprendre :  avec empathie : « ça a dû te faire mal, viens que je te console… maintenant tu peux repartir jouer ».

 

« Tu as peur ? Mais peur de quoi ? Il n’y a rien du tout ! »

 

Ce que l’enfant perçoit : J’ai peur de « rien » et pourtant j’ai vraiment peur, donc je suis fou… !

Comment lui apprendre : « Tu as peur de quoi ? Où ça ? Papa et maman sont là pour te protéger, c’est normal d’avoir un peu peur, et rassure-toi, il ne t’arrivera rien de grave, tu es en sécurité. »

 

« Tu dois / il faut »

 

Ce que l’enfant perçoit : j’obéis à mes parents par autoritarisme ou peur de la répression.

Je ne réfléchis pas aux conséquences logiques, ni à mon implication, ni aux solutions.

Je dois m’arrêter au feu parce que maman me l’a dit ou parce que la police va m’arrêter.

Comment lui apprendre : « que fait-on au passage piéton ? que faut-il regarder ? tu me dis quand c’est vert ». Si l’enfant est en danger, évidemment, le stopper par les mots (« stop ») ou physiquement, avant de lui parler.

 

« Non, ne monte pas sur la chaise ! »

Ce que l’enfant perçoit : monter est un danger, maman va me gronder, je ne monterai jamais, d’ailleurs j’ai le vertige.

Comment lui apprendre : « je t’accompagne, tu veux que je te tienne la main ou tu le fais seul ? Il y a un danger, la chaise peut basculer. Descend par là c’est plus sûr. »

 

« Mais si je t’écoute »

 

Ce que l’enfant perçoit : s’il y a un « mais » c’est bien que tu ne m’écoutais pas.

Comment apprendre : l’écoute active se fait les yeux dans les yeux, à la même hauteur et sans accessoire (IPhone…).

Ce n’est pas facile mais c’est le seul moyen d’écouter l’autre. Je suis d’accord, dans ces conditions, on n’écoute pas souvent l’autre, et c’est bien cela le problème et pour cela que les cabinets de psy sont bondés ! C’est le seul endroit où on peut se sentir vraiment écouté !

 

« Tu es nul »

« Tu es insupportable »

« Tu es méchant »

« C’est fou ce que tu es lent »

 

Ce que l’enfant perçoit : je suis incapable de m’améliorer, je me sens médiocre donc je vais continuer à creuser (cf prophétie auto-réalisatrice). J’ai une étiquette qui va me coller à la peau pour un moment !

« Mais croyez-vous vraiment que je le fais exprès ??? Et que je n’aimerais pas, moi aussi, me contenir, réussir, gérer mes émotions et briller toute la journée 

Comment lui apprendre : « ce que tu as fait n’est pas gentil. Je ne suis pas d’accord avec ton attitude. Ce n’est pas comme ça que je conçois les choses. Je suis blessée par tes propos ». Ce n’est pas l’individu qui est mis en cause mais l’action, les propos. Donc c’est modulable et non immuable. On peut progresser, toujours…

 

« On prête ses jouets »

 

Ce que l’enfant perçoit : je prête parce qu’il le faut, maman me l’a dit, sinon je vais me faire gronder. Mais moi je n’ai aucune envie de prêter, à quoi ça sert de prêter ? C’est mon jouet ! Ça ne fait pas 2 minutes que je joue avec. Je suis dans mon jeu, laissez-moi tranquille !

Comment lui apprendre : « Pourquoi prêter ? ça s’appelle la générosité et tu vas voir, ça fait super plaisir de prêter et de recevoir. Si Mathieu te prête sa voiture, tu seras sans doute super content. Mais c’est à toi de décider quand tu vas prêter. Par exemple, joue 5 minutes avec ton jeu, tout seul et quand tu le décideras, tu pourras le lui prêter. »

Et si tu veux qu’on te prête ce jouet, demande à Mathieu quand il serait prête à te le prêter. » « Dans 5 minutes ? Ok merci Mathieu ! »

Prendre le jouet des mains de l’enfant pour le prêter à un autre enfant, c’est la même violence que si l’enfant prend un jouet des mains d’un autre enfant sans le lui demander.

Dès lors que le contact se fait entre les deux enfants, dans le respect l’un de l’autre, en général, les enfants s’ouvrent et prêtent d’eux-mêmes.

Les enfants naissent naturellement dotés d’empathie et de générosité. C’est la norme sociale qui leur inculque le sentiment de propriété, de danger extérieur, etc.

Et l’enfant, avant 4 ans, ne peut pas comprendre ce qui est à lui, à la garderie, à son ami…

Il voit un jouet, il a envie d’y jouer. Point.

 

« Je te l’avais dit ! »

 

Ce que perçoit l’enfant : Culpabilisant, empêche l’autonomie. Je suis incapable de le faire par moi-même, je rate et mon parent m’enfonce dans cet échec. Je n’ai aucune envie de progresser.

Comment lui apprendre : faire preuve d’empathie pour valider ses émotions et lui permettre la réflexion « tu as dû avoir froid sans tes gants, j’imagine que ça a dû être désagréable. Qu’est-ce que tu pourrais faire la prochaine fois pour éviter cela ? »

 

« Pourquoi tu as fait ça ? »

 

Ce que perçoit l’enfant : la peur, la sidération, la contre- attaque ou la défense : « Je n’ai rien fait, c’est pas moi ! » ou « je ne sais pas ».

Comment lui apprendre : « que s’est-il passé », « comment s’est arrivé ? ».

Eviter le « pourquoi ».

Car la réponse finalement nous importe peu (« j’ai fait ça parce que je viens de rester enfermer dans une classe avec 30 élèves qui criaient, pendant une demi-journée, sans voir ma maman et sans pouvoir jouer à ce que je voulais ! »), ce qu’on veut c’est qu’il ne recommence plus.

L’enfant n’est plus sur la défensive mais peut se livrer, en sécurité, et ainsi, progresser ou chercher des solutions avec son parent (on peut décider en amont où évacuer sa colère ou son excitation au moment où elle survient).

Bon courage!

Julie Renauld Millet

Coach et Formatrice Discipline Positive

C’est tous les jours la fête foraine !

Unknown

Notre quotidien de parents est une fête foraine à crédit illimité.

Tantôt le grand huit, puis le train fantôme, quelques barbes à papa, beaucoup de pommes d’amour. On évite le tir à la carabine, mais pas forcément le chamboule tout. Quelques auto-tamponneuses et autres chutes libres.

Et l’essentiel : un trampoline pour rebondir… toujours.

Pas de recette miracle, juste un pas de recul pour comprendre comment fonctionne l’enfant et comment s’adapter quand on est désemparé. Ces petites clefs peuvent fonctionner un peu, beaucoup, momentanément.

Lorsque vous serez bloqués à nouveau, faites confiance à votre co-créativité pour trouver d’autres solutions. Parce que nos enfants grandissent, évoluent, changent tout le temps et c’est cela qu’on aime !

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  • (3 à 10 ans) Que faire s’il a du mal à s’endormir :

Son sujet : j’ai peur de rester seul, même si maman n’est pas loin

Votre sujet : j’ai tellement envie de dîner tranquillement avec mon mari !

Chacun peut y trouver son compte si : vous dessinez sur une ardoise 2 grands vases. Le 1er sera rempli des vilaines choses de la journée, l’autre des jolies choses. L’enfant choisit lui-même les couleurs que porteront chacun des vases. Il dessine lui-même ou la maman dessine/écrit selon l’âge et l’humeur.

La clef : se libérer des éventuelles tensions de la journée pour s’endormir paisiblement ! Se reconnecter avec son enfant et ses besoins (et comprendre pourquoi cela fait 10 fois qu’il vous rappelle).

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  • (2-5 ans) Que faire s’il a du mal à manger

Son sujet : Maman a l’air de mettre tellement d’énergie à me faire manger. Toute cette énergie… je prends !

Votre sujet : Je mets tellement d’énergie à le faire manger, en vain, je suis épuisée, je n’ai même plus faim !

Chacun peut y trouver son compte si : vous lâchez ! Nous les mamans, on a beaucoup de mal à lâcher sur ce sujet si délicat de la nourriture !! Se mettre à table avec lui et lui proposer des plats pour qu’il se serve selon sa faim et ses envies.

La clef : refaire du repas un moment convivial, déchargé d’émotions, où la nourriture n’est pas un sujet, mais parler de ce qu’on a très envie de faire ce week end… Nous sommes modèles de nos enfants, si on se nourrit apaisés, il y a des chances pour que l’enfant le fasse aussi.

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  • (4 – 8 ans) : Que faire s’il est déjà accro aux écrans :

Son sujet : je pourrais me gaver de dessins animés toute la journée, ça excite mon cerveau tout en m’abrutissant.

Votre sujet : mon enfant est léthargique et excité, je récupère une bombe à retardement si je le laisse plus longtemps.

Chacun peut y trouver son compte si : les écrans sont SECURISES (il ne peut tomber QUE sur des dessins- animés comme sur You Tube kids) et si vous anticipez et établissez – ensemble – un contrat : combien d’épisodes te semblent raisonnables ? 3 ? OK. Faire respecter le contrat pour renouveler l’autorisation. Et organiser l’activité qui suivra. L’enfant se construit en jouant.

La clef : co-construire et valoriser son engagement et le respect du cadre. Trouver des jeux et activités qui vous plaisent à tous les deux/trois.

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  • (2 – 8 ans) Que faire s’il ne vous laisse pas téléphoner tranquillement :

Son sujet : je veux ma maman pour moi tout seul

Le vôtre : je veux 10 minutes de paix pour moi toute seule !

Chacun peut y trouver son compte si : vous Anticipez, si vous pouvez !

« Pose ta main sur mon poignet pour que je me souvienne que tu veux me parler et dès que j’ai fini, ce sera à toi ». Ou lui indiquer sur une montre « Quand la grande aiguille sera sur le 10, je viendrai jouer avec toi, promis ». Ou encore lui confier une « mission » : « Est-ce que tu peux me sortir les légumes pour qu’on prépare ensemble le dîner de ce soir ? »

La clef : il a besoin de se sentir exister, important et contributeur (le mien adore mettre le linge sale dans le lave-linge, ça ne durera qu’un temps, j’en profite…). Il a besoin de sa connexion avec sa maman (la main posée sur le poignet peut l’aider).

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  • (2 – 10 ans) Il fait des crises aux supermarchés

Son sujet : c’est Noël ici !! il y a encore plus de cadeaux que sous le sapin !

Votre sujet : maman n’est pas le Père Noël et sa hotte est très limitée !

Chacun peut y trouver son compte si : encore une fois, vous anticipez. « Nous allons au supermarché, je suis d’accord pour t’offrir 1 journal/livre/sachet de bonbons… tu as le droit de les regarder TOUS et prend le temps de choisir ton PRÉFÉRÉ »

La clef : certains psy disent qu’il est cruel de confronter un enfant à autant de sollicitations en lui refusant tout, et de lui demander de se tenir correctement et en plus, de dire « d’accord maman, je ne réclamerai rien ». Ses neurones ne sont pas encore câblés pour qu’il accepte à ce point la frustration !  La frustration oui, mais en lui accordant 1 seule petite chose pour mieux la gérer. Ou le laisser à la maison (sous surveillance) !

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  • (2 – 6 ans) Il ne veut pas s’habiller

Son sujet : on me réveille, on me presse, j’ai froid, je suis fatigué, j’ai faim, je veux un câlin… comment ça il faut lever les bras pour mettre mon t-shirt ???

Votre sujet : on va être en retard à l’école/la crèche/chez Papy et Mamy

Chacun peut y trouver son compte si : on a préparé les habits la veille, c’est lui qui s’habille seul comme un grand, c’est lui qui choisit (choix limité : le bleu ou le rouge), c’est à son rythme (à nous de le réveiller plus tôt s’il lui faut plus de temps). Faire la course avec papa peut fonctionner parfois (entre frère/sœur, ça peut créer de la compétition, à utiliser avec modération !)

La clef : Alléger le niveau de stress déjà bien haut (le réveil, l’école, rien oublier pour la journée, la cantine, les copains, la maîtresse sévère…), mettre un peu d’humour et de fun. « Tu as envie de mettre un maillot aujourd’hui 17 novembre ? OK ! mais des bouées et des palmes aussi alors ! ». Le valoriser, le rendre responsable, l’encourager.

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  • (6-16 ans) Sa chambre n’en est plus une

Son sujet : Bah quoi… ? j’ai fait mon lit non… ?! C’est MA chambre!

Votre sujet : je ne supporte pas que les chaussettes sales, les paquets de gâteaux et les cahiers de classe cohabitent sur le lit. Ce n’est pas ce que j’appelle ranger !!

Chacun peut y trouver son compte si : vous verbalisez votre définition d’une chambre rangée. Votre enfant n’a pas la même conception du rangement et de la propreté que vous (c’est déjà rarement le cas entre deux frère et sœur ou même au sein du couple !). Vous vous mettez d’accord ensemble pour les 3 points qui vous semblent incontournables (ex. : linge sale, nourriture, bureau).

La clef : Respecter le territoire de l’enfant tout en lui faisant respecter votre cadre, et donc, votre maison.

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  • (8-14 ans) Il ne veut pas faire ses devoirs

Son sujet : j’ai juste envie de ne rien faire après cette journée surchargée, qu’on me fiche la paix !

Votre sujet : s’il continue comme ça, il va rater sciences po’. Oui il n’est qu’en CM2, et alors ??!!

Chacun peut y trouver son compte si : vous co-construisez un cadre avec lui. « Combien de temps te semble raisonnable pour te détendre avant de te mettre au travail, sans que tu te mettes en stress après parce que tu n’as pas assez de temps pour tout faire ».

Déléguer, peut être une solution efficace aussi, ainsi les devoirs ne sont pas chargés d’émotions parentales !

La clef : l’aider à gérer son temps, lui redonner de la motivation en l’encourageant. Eviter « avec ton 3 en maths, tu penses que tu peux te permettre de glander ?? », mais plutôt « Tu as eu 3, ce n’est pas terrible, mais tu vas trouver les ressources pour progresser, j’en suis sûre ». L’aider à retrouver l’envie, par tous les biais (qui sont les siens, selon sa personnalité, et non les vôtres).

Eviter « moi aussi j’étais nulle en math ». Car d’abord, il n’est pas « nul », pas plus que vous d’ailleurs, et que ça ne « s’attrape pas », les faiblesses scolaires… ! Sinon, à quoi bon faire des efforts puisque c’est ainsi depuis des générations !

En résumé, pour être efficaces :

  • L’écouter
  • Connecter avant de corriger
  • Faire avec et non pour
  • Co-construire les solutions pour l’impliquer et qu’il s’engage
  • Trouver des solutions en lien avec le sujet (éviter de lui faire mettre la table parce qu’il a eu 3 en maths…)
  • L’encourager
  • Perdre 5 minutes maintenant, pour en gagner toute la journée
  • Programmer des temps qualitatifs et dédiés à chacun de ses enfants (sans IPhone)
  • Regardez où vous en êtes quand vous pétez les plombs et où se situe votre enfant

N’oubliez pas que vous êtes son soleil… c’est vous qui éclairez son chemin, celui qu’il construit pas à pas, avec vous et pour lui.

(Et peut-être décrocherez-vous le pompon… qui sait ?!)

Julie Renauld Millet, Coach Parents-Enfant Discipline Positive

Julie.renauld.millet@gmail.com