Comment parler des maladies graves aux enfants?

Notamment quand celles-ci touchent un membre de leur famille.

  1. Faites-leur confiance. Les enfants sont des roseaux. Encore plein de souplesse ils plient mais se redressent. N’ayez pas peur de leur chagrin, ce sont des phases à traverser avant de passer à autre chose. N’ayez pas non plus peur du vôtre. Plus vous vous autoriserez à exprimer vos émotions et plus cela lui permettra d’exprimer les siennes. 
  2. Rendez-les acteurs. Pour éviter qu’ils ne subissent demandez-leur ce qu’ils auraient envie de faire pour en parler à leurs amis, cela peut être à travers un exposé. Sans aucune obligation bien sûr! C’est à eux de le sentir et de s’approprier l’engagement. 
  3. Écoutez vos peurs avant de parler. Vous ne pouvez pas apprendre à un enfant à nager si vous avez peur de l’eau. Écrivez vos inquiétudes et tirez tout le fil de la pelote pour y voir plus clair et comprendre vous-même ce qui vous effraie. Ils sont des roseaux et vous êtes les chênes contre lesquels ils peuvent s’appuyer. Attention un chêne n’est ni éternel ni incassable ni infaillible. Vous avez le droit de flancher quand c’est la tempête. 
  4. Est-ce qu’il peut mourir? Est la question que nous redoutons tous et moi je choisis de dire oui. Car la mort fait partie de la vie. Et cela permet de vivre chaque jour en pleine conscience. 

Vivez dans le présent, un pas après l’autre. Ayez de l’énergie pour sourire aujourd’hui. Demain on verra…

Julie Renauld thérapeute systémique

julie.renauld.millet@gmail.com 

Faut-il interdire les jeux vidéo aux jeunes enfants?

Le désir que l’on réprime devient irrésistible. Et c’est là le danger à mon avis : l’interdit engendre souvent la dissimulation or si votre enfant se connecte en cachette et tombe sur un contenu qui le choque, il sera mortifié à l’idée de vous le dire. Le dialogue est la clef. 

Commencez par demander à vos enfants quels sont, selon eux, les dangers des jeux vidéo. Cela leur apprendra à réfléchir, et commencer à être acteurs plutôt que passifs. Et cela vous donnera des infos. 

Pour moi il en existe 3 principaux :

  1. L’addiction : la plupart de ces jeux sont basés sur un système de récompense -> libération de la dopamine qui envoie ce message au cerveau : « encoooore »! C’est pourquoi il est si difficile de les arrêter. 
  2. La violence de certains jeux.
  3. Les jeux en réseau sont un repère pour les pedocriminels. 

Intéressez-vous aux jeux de vos enfants, sans faire le flic mais avec une vraie curiosité pour les faire réfléchir, cheminer, analyser, interroger… qualités essentielles à transmettre et leur apprendre avant qu’ils ne tombent dans les écrans, les réseaux sociaux et l’IA qui fera tout le boulot à leur place. Or s’ils ne se sont pas construits leur univers avant, cela peut considérablement nuire à leur équilibre et leur épanouissement. 

Et je le répète maintenez le dialogue et restez garants du cadre même s’ils vous détestent un moment. C’est essentiel. 

Julie Renauld, Thérapie familiale, thérapie de couple, coach parental, à Paris 16 et Boulogne Billancourt.

Mon enfant se fait harceler à l’école

« Tu ne peux pas jouer avec nous puisqu’on est lundi et que tu peux être notre amie que le mardi et le jeudi! »

« Regarde ton ventre et tes bras! Tu es la plus grosse de l’école »

« T’es trop collante »

« Arrête de chanter t’as une voix horrible »

Ces phrases ont toutes été prononcées dans une cour de récréation par des enfants à d’autres enfants.

Lorsque nos enfants se font insulter, moquer, humilier par d’autres enfants qui font preuve de toute puissance à leur égard, notre premier réflexe peut être d’aller directement régler son compte à l’enfant en question ou de demander au directeur d’intervenir, en espérant que notre posture d’adulte lui fera peur. Mais bien souvent, s’étant senti à son tour humilié, l’enfant tout puissant va chercher à se venger sur le vôtre dès qu’il ne sera plus sous le contrôle de l’adulte. 

Et voler à son secours peut le soulager à court terme mais cela lui donne aussi le sentiment qu’il n’est pas capable de s’en sortir seul. 

Cherchez plutôt à :

  1. Accueillir les émotions de votre enfant sans vous les accaparer. Même si votre cœur saigne. 
  2. L’aider à trouver la bonne stratégie : l’humour, la pirouette, la survalorisation « ha oui puisque tu as l’air expert tu vas  pouvoir m’aider… » 

Éviter de dire à votre enfant quoi faire car il n’en sera peut être pas capable et ce serait un double échec pour lui.

Répondre par l’agression ne fait que nourrir l’escalade et si votre enfant est victime, en général, à ce jeu il n’en sortira pas gagnant. 

Moi j’aime bien dire à mes patients que quand on est heureux et que tout va bien dans notre vie, on n’a pas besoin de rejeter l’autre ou de l’humilier. Donc quelqu’un qui a cette attitude c’est quelqu’un qui souffre. Sans pour autant leur demander de prendre leurs « agresseurs » dans leurs bras , le simple fait de changer de regard sur eux peut faire dégonfler l’asymétrie. Parfois je leur demande de se munir d’un carnet pour noter toutes les remarques qui iraient dans ce sens : la peste se fait-elle souvent reprendre par la maîtresse? À t-elle des remarques sur son travail? 

Ce qui permet ainsi à l’enfant en souffrance de relever la tête et d’observer celui qui fait preuve de toute puissance pour sortir de son impuissance. 

Apprenons à nos enfants à être forts sans écraser les autres, à donner le meilleur plutôt qu’à être les meilleurs (la dernière je l’ai piquée au proviseur du collège 😊).

Julie Renauld, Thérapie brève, thérapie de couple et thérapie familiale à Paris 16 et Boulogne Billancourt.

Faut-il les forcer à poursuivre le piano, le judo, le taekwondo?

Enfant jouant du piano éducation pédagogie

Après les 3 premières séances enthousiasmantes vient souvent le moment où « j’veux pas y alleeeeeer ». Faut-il les forcer, pousser, à poursuivre leurs activités extra scolaires ? Oui si l’on veut leur apprendre le sens de l’effort et des contraintes. Car toute activité demande un effort et du travail donc c’est un des apprentissages fondamentaux de la vie. Au moins la première année. Mais tout d’abord :

  1. Demandez-vous si c’est pour lui ou pour vous qu’il est inscrit au piano? Si c’est pour réparer vos blessures ce n’est pas la bonne voie. Prenez vous-même des cours de dessins, de théâtre, de chant, au lieu de les vivre par procuration. Nos enfants ne sont pas là pour réparer nos blessures. 
  2. Observez-les : sont ils manuels, physiques, imaginatifs…?  Cela vous donnera des éléments pour choisir à leur place s’ils n’ont pas d’envie particulière. 
  3. Vers 8-10 ans, laissez-les observer et développer leurs appétences, aussi étrangères à votre univers soient-elles!

Mon conseil : Une activité physique hebdo me paraît indispensable, étant assis 8h par jour. 

Une activité artistique, un cadeau à tous les niveaux : développer l’imaginaire, se cultiver, s’ouvrir, se reconnecter à ses sens, sortir des écrans et de l’immédiateté, pratiquer la motricité fine…

Et n’oubliez pas : vos manques ne sont pas les leurs!

Julie Renauld, Thérapie individuelle, thérapie familiale, thérapie de couple à Paris 16 et Boulogne Billancourt.

Des clefs pour combattre le harcèlement

Commentaire patiente thérapie familiale

Une maman et sa fille ont décidé de consulter une psy pour aider la jeune fille victime de harcèlement scolaire. La maman était très préoccupée par les angoisses de son enfant et cherchait une oreille attentive, bienveillante et surtout des outils concrets pour aider sa fille à se sortir de ce système. J’ai proposé à cette jeune fille la tâche de l’anthropologue. « La peur qu’on évite se transforme en panique et celle qu’on affronte se transforme en courage » (JJ Wittezaele). Au lieu d’éviter son ennemie dans la cour de récréation, je lui ai proposé de se munir d’un carnet et de noter tout ce qu’elle pouvait observer sur cette « ennemie » : a-t-elle des amies? Comment est-elle habillée? Se fait-elle gronder souvent? En faisant le pari que sans doute, cette ennemie n’était pas l’enfant modèle qu’elle imaginait, sinon elle passerait moins de temps à faire régner la terreur, il lui suffirait d’être heureuse.
Ma jeune patiente est revenue à la séance suivante toute fière de son enquête qu’elle m’a lue, ayant appris beaucoup, et n’étant plus impressionnée par « l’autre ».

Changer d’école les enfants victimes de harcèlement n’est pas forcément la solution. Ce qui est important c’est les aider à changer leur regard et leur posture, et à gagner en confiance en soi, estime de soi et assurance. Une thérapeute peut aider à faire ce changement.

Julie Renauld, thérapie de couple, thérapie familiale, thérapie individuelle, coaching parental.

Il pleure pour aller à l’école

Pendant combien de temps mon enfant de petite section va t-il pleurer en allant à l’école?

Ne lui survendez pas trop l’école en lui disant que ça va être génial car vous n’en savez rien. Dites-lui plutôt que ça va être nouveau, positif et parfois rigolo, mais aussi moins rigolo, soyez sincère (enfin ne dites pas tout non plus hein! Restez stratégique).


Faites-le dessiner sa semaine sur une feuille avec une pastille, une gomette, un dessin… différents pour l’école et la maison afin qu’il se représente les temps où il est avec vous et les moments d’école. Vous pouvez aussi représenter les mois, les saisons… selon sa créativité et votre patience !

Cassez la routine en l’emmenant goûter, déjeuner, une fois en semaine ou faire du vélo à la sortie de l’école. Mettez un peu de sel dans le quotidien, sans attendre le week end. Ça lui fera du bien et à vous aussi! Et enfin, soyez solidaire, montez dans son bateau et programmez ensemble une activité que vous ferez à votre retour du boulot et de l’école.


Allez, hauts les cœurs, ils sont tous passés par là et se sont construits avec ça aussi! 


Julie Renauld – Thérapie familiale, thérapie de couple, coaching parental à Boulogne Billancourt et Paris 16

Pourquoi dire non? Ne confondons pas ses désirs avec ses besoins

Il est tellement plus simple de dire oui. Oui c’est s’acheter la paix, le calme, du temps, les « merci merci », les « t’es le meilleur papa du monde », les « t’es trop sympa maman ». Le oui est réconfortant pour tout le monde. Vous êtes vous déjà dit : là je pourrais dire non, mais comme je peux le faire / lui donner / lui accorder… alors je dis oui. Il est vrai que bien souvent nous pouvons… mais est-ce que pour autant nous devons?

A quoi cela sert-il de dire non?

Dire non c’est apprendre dès le plus jeune âge à l’enfant qu’il n’aura pas tout ce qu’il voudra dans la vie : l’amoureuse qui ne le regarde pas, le job qu’il convoite, la voiture dont il rêve, la maison avec jardin… Des limites, des frustrations, il va en rencontrer toute sa vie, autant l’y préparer le plus tôt possible comme un entraînement au long cours.

Les enfants se construisent par mimétisme.

Si nous ne savons pas dire non dans la vie, aux autres, si nous ne connaissons pas nos propres limites, l’enfant dont les neurones miroirs le font se construire par mimétisme, aura bien du mal à accepter le non venu de l’extérieur. Il ne le comprendra pas puisqu’il ne l’aura pas suffisamment vu à l’oeuvre.

Dire non en tant qu’adultes est un cadeau que nous nous faisons à nous mais également à nos enfants. C’est le préparer au respect de soi et des autres. Un enfant qui n’a pas appris ce qu’était le non court de grands risques, y compris au sujet de son corps, du consentement, du lien à l’autre. Beaucoup d’enfants d’adolescents, sont victimes d’abus sexuels faute d’avoir observé et acquis ce non.

Quand je dis non, il se met dans tous ses états

Le « non » engendre souvent des crises, de l’énervement. L’enfant dit rarement « d’accord je ne vais pas manger de bonbons, bien reçu, j’attendrai l’heure du goûter ». Il exprime sa contrariété, sa frustration mais il n’est pas en souffrance. Ne confondons pas ses désirs avec ses besoins, ni sa frustration avec sa douleur. Ce n’est pas douloureux d’être contrarié, c’est désagréable, inconfortable, mais tellement nécessaire pour construire un être équilibré qui sait qui il est, ce qu’il peut donner, recevoir, prendre et partager.

Julie Renauld

julie.renauld.millet@gmail.com

Atelier écrans et sexualité à Garches

L’association indépendante des parents d’élèves de Garches m’a invitée à la médiathèque pour un atelier sur les écrans et la sexualité, le 29 mai dernier.

Les 3-10 ans passent en moyenne 2 heures 15 sur les écrans par jour. Ce chiffre double chez les 13-19 ans.

La moyenne d’âge auquel les enfants ont accès a du contenu pornographique est de 11 ans (âge auquel ils ont un smartphone dans la poche pour 2 enfants sur 3).

Sur les 19 millions de visiteurs uniques par mois des sites pornographiques, 2,3 millions ont moins de 18 ans.

33% des 5-7 ans utilisent TikTok et 60% des 8-11 ans (site interdit théoriquement aux moins de 13 ans).

Les écrans sont un sujet de santé publique car ils ont des effets aussi nombreux que néfastes sur la concentration, la construction, l’équilibre des enfants dont le cerveau est en pleine maturation.

A l’âge où ils commencent à se poser des questions sur leur corps et leur sexualité, si les réponses ne viennent pas de leurs parents, ils vont chercher sur Internet et tombent sur le pire, en deux clics.

Trop d’adolescents construisent leur représentation de la sexualité via le porno, cela fait des dégâts sur leurs relations amoureuses, le rapport à leur corps et à celui des autres.

Nous ne pouvons plus attendre de répondre à leurs questions, c’est à nous d’amorcer le dialogue, de les prévenir et de mettre un cadre.

Lors de cet atelier nous avons abordé les limites, comment apprendre à dire non. Et comme ils se construisent par mimétisme, si nous n’apprenons pas nous-mêmes à dire non, quelles sont nos limites, ce sera difficile de le leur transmettre.

Cet atelier apporte :

  • Une grille de lecture et de compréhension (l’envers du décor des réseaux sociaux)
  • Des outils concrets
  • Des clefs pour leur ouvrir le champ des possibles et remettre l’écran à sa place d’outil.

Si vous souhaitez organiser un atelier dans votre école, vous pouvez me mettre en relation avec l’association des parents d’élèves ou la direction de l’école.

julie.renauld.millet@gmail.com

Atelier : « Porno : parlons-en à nos enfants avant qu’Internet ne le fasse! »

Jeudi 10 mars à 20H en présence (Paris 16).

L’âge moyen des enfants qui ont accès à des images pornographiques est actuellement de 12 ans. Cela n’a pas d’incidence sur l’âge auquel ils auront leur premier rapport sexuel mais davantage sur leurs pratiques. Hormis ces dangers, nous répondrons à vos questions autour de l’addiction, de l’âge auquel nous pouvons leur confier leur premier téléphone portable, des réseaux sociaux, des jeux vidéos.

Témoignages de parents venus assister aux précédentes sessions :

Nous vous encourageons à venir en couple, car il s’agit d’un sujet familial et il est plus facile d’appliquer le cadre à deux .

Inscription par mail julie.renauld.millet@gmail.com