Atelier Confiance en soi

Lors de cet atelier sur la confiance en soi j’ai proposé aux parents de se mettre dans les chaussons de leurs enfants pour mieux comprendre ce qui les traversait et par delà, nos réactions qui les aidaient et celles qui pouvaient les aider moins.

En mettant au monde des enfants nous avons planté une graine. Pour qu’elle pousse elle a besoin d’eau, de lumière, de chaleur, de nutriments. Nous pouvons les arroser – à condition que nos arrosoirs soient pleins – nous pouvons les nourrir juste ce qu’il faut, leur apporter de la chaleur mais pas trop. Des nutriments mais pas trop.

Qu’est-ce qui fait un bon jardinier? Sa faculté à observer, sentir, rejoindre, être en lien sans forcément faire quelque chose mais être juste là et poser un regard confiant sur la plante qui pousse feuille après feuille. 

Julie Renauld, thérapie brève, thérapie de couple, thérapie familiale. Coach parental.

A Paris 16ème et Boulogne Billancourt (et en visio) sur RDV.

julie.renauld.millet@gmail.com

Instagram @julie_renauld

Mon enfant se fait harceler à l’école

« Tu ne peux pas jouer avec nous puisqu’on est lundi et que tu peux être notre amie que le mardi et le jeudi! »

« Regarde ton ventre et tes bras! Tu es la plus grosse de l’école »

« T’es trop collante »

« Arrête de chanter t’as une voix horrible »

Ces phrases ont toutes été prononcées dans une cour de récréation par des enfants à d’autres enfants.

Lorsque nos enfants se font insulter, moquer, humilier par d’autres enfants qui font preuve de toute puissance à leur égard, notre premier réflexe peut être d’aller directement régler son compte à l’enfant en question ou de demander au directeur d’intervenir, en espérant que notre posture d’adulte lui fera peur. Mais bien souvent, s’étant senti à son tour humilié, l’enfant tout puissant va chercher à se venger sur le vôtre dès qu’il ne sera plus sous le contrôle de l’adulte. 

Et voler à son secours peut le soulager à court terme mais cela lui donne aussi le sentiment qu’il n’est pas capable de s’en sortir seul. 

Cherchez plutôt à :

  1. Accueillir les émotions de votre enfant sans vous les accaparer. Même si votre cœur saigne. 
  2. L’aider à trouver la bonne stratégie : l’humour, la pirouette, la survalorisation « ha oui puisque tu as l’air expert tu vas  pouvoir m’aider… » 

Éviter de dire à votre enfant quoi faire car il n’en sera peut être pas capable et ce serait un double échec pour lui.

Répondre par l’agression ne fait que nourrir l’escalade et si votre enfant est victime, en général, à ce jeu il n’en sortira pas gagnant. 

Moi j’aime bien dire à mes patients que quand on est heureux et que tout va bien dans notre vie, on n’a pas besoin de rejeter l’autre ou de l’humilier. Donc quelqu’un qui a cette attitude c’est quelqu’un qui souffre. Sans pour autant leur demander de prendre leurs « agresseurs » dans leurs bras , le simple fait de changer de regard sur eux peut faire dégonfler l’asymétrie. Parfois je leur demande de se munir d’un carnet pour noter toutes les remarques qui iraient dans ce sens : la peste se fait-elle souvent reprendre par la maîtresse? À t-elle des remarques sur son travail? 

Ce qui permet ainsi à l’enfant en souffrance de relever la tête et d’observer celui qui fait preuve de toute puissance pour sortir de son impuissance. 

Apprenons à nos enfants à être forts sans écraser les autres, à donner le meilleur plutôt qu’à être les meilleurs (la dernière je l’ai piquée au proviseur du collège 😊).

Julie Renauld, Thérapie brève, thérapie de couple et thérapie familiale à Paris 16 et Boulogne Billancourt.

Pourquoi dire non? Ne confondons pas ses désirs avec ses besoins

Il est tellement plus simple de dire oui. Oui c’est s’acheter la paix, le calme, du temps, les « merci merci », les « t’es le meilleur papa du monde », les « t’es trop sympa maman ». Le oui est réconfortant pour tout le monde. Vous êtes vous déjà dit : là je pourrais dire non, mais comme je peux le faire / lui donner / lui accorder… alors je dis oui. Il est vrai que bien souvent nous pouvons… mais est-ce que pour autant nous devons?

A quoi cela sert-il de dire non?

Dire non c’est apprendre dès le plus jeune âge à l’enfant qu’il n’aura pas tout ce qu’il voudra dans la vie : l’amoureuse qui ne le regarde pas, le job qu’il convoite, la voiture dont il rêve, la maison avec jardin… Des limites, des frustrations, il va en rencontrer toute sa vie, autant l’y préparer le plus tôt possible comme un entraînement au long cours.

Les enfants se construisent par mimétisme.

Si nous ne savons pas dire non dans la vie, aux autres, si nous ne connaissons pas nos propres limites, l’enfant dont les neurones miroirs le font se construire par mimétisme, aura bien du mal à accepter le non venu de l’extérieur. Il ne le comprendra pas puisqu’il ne l’aura pas suffisamment vu à l’oeuvre.

Dire non en tant qu’adultes est un cadeau que nous nous faisons à nous mais également à nos enfants. C’est le préparer au respect de soi et des autres. Un enfant qui n’a pas appris ce qu’était le non court de grands risques, y compris au sujet de son corps, du consentement, du lien à l’autre. Beaucoup d’enfants d’adolescents, sont victimes d’abus sexuels faute d’avoir observé et acquis ce non.

Quand je dis non, il se met dans tous ses états

Le « non » engendre souvent des crises, de l’énervement. L’enfant dit rarement « d’accord je ne vais pas manger de bonbons, bien reçu, j’attendrai l’heure du goûter ». Il exprime sa contrariété, sa frustration mais il n’est pas en souffrance. Ne confondons pas ses désirs avec ses besoins, ni sa frustration avec sa douleur. Ce n’est pas douloureux d’être contrarié, c’est désagréable, inconfortable, mais tellement nécessaire pour construire un être équilibré qui sait qui il est, ce qu’il peut donner, recevoir, prendre et partager.

Julie Renauld

julie.renauld.millet@gmail.com