Comment la génération qui a grandi avec Nabilla, les réseaux sociaux, les téléréalités, où le sexe se consomme comme on s’envoie un Big Mac, peut-elle construire des relations amoureuses? Quelle représentation du rapport intime peut-on avoir quand on a été biberonné au porno dès l’âge de 12 ans (âge moyen auquel les enfants obtiennent un smartphone et y ont donc accès en deux clics)?
Elle parait loin la belle histoire où ils vivèrent heureux et eurent beaucoup d’enfants alors que leurs parents divorcent, que la planète s’effrite, que les tensions explosent. Les ados de 2024 sont passés d’une trop longue période confinée, à Tinder, devenue la norme pour parler à de « vrais » gens qu’ils n’auraient pas rencontrés dans la « vraie » vie s’il n’y avait pas eu d’appli. Le réel, le virtuel, l’amour en visio, en vocal, en échanges de nude… Comment aimer quand on a pour base ses outils là?
43% des 18-25 ans n’ont pas fait l’amour ces 12 derniers mois (Ifop). L’une des raisons évoquée est la facilité d’accès au porno qui permet une sexualité rapide, efficace et sans effort. La communication, la séduction, l’attente, le désir, l’inconnu, le goût du risque, la frustration, l’excitation latente… échappent totalement à cette frange de la population dont la sexualité est devenue un produit de consommation comme un autre.
A cet âge où tout est possible, où les relations amoureuses semblent aussi enivrantes que vertigineuses, inquiétantes que séduisantes, quels repères pouvons-nous leur donner? Comment les aider à s’écouter, se découvrir, se faire confiance et faire confiance, se respecter et respecter?
J’accompagne avec beaucoup de joie les ados d’aujourd’hui sur ce chemin tout à fait passionnant.
